CONFERENCE SUR LES CONCLUSIONS DU PROJET ONSIDE, ORGANISEE EN PARTENARIAT AVEC LA FEDERATION INTERNATIONALE DES JUGES ET ARBITRES SPORTIFS (INTERNATIONAL FEDERATION FOR SPORTS OFFICIALS- IFSO)

 

Féminisation de l’arbitrage : Stéphanie Frappart, l’exception qui confirme la règle ?

Les femmes arbitres sont de plus en plus nombreuses. Pour autant, plus les enjeux d’une rencontre sont forts, plus celles-ci disparaissent. Particulièrement lorsqu’il s’agit de compétitions masculines et/ou internationales. Si Stéphanie Frappart et consœurs ouvrent la voie, sont-elles destinées à n’avoir que très peu d’héritières ?
 
Stéphanie Frappart au football, les soeurs Bonaventura au handball… En France, au sein du milieu sportif, les femmes sont de plus en plus visibles. Et notamment dans l’arbitrage. Depuis 2011, la proportion de femmes à prendre le sifflet a été multipliée par 2,5, passant d’environ 5 000 à 12 810 pour la saison 2019/2020[1]. Une progression qu’il convient tout de même de relativiser tant leur absence auparavant était totale. Car le sport reproduit les inégalités présentes dans notre société, voire les amplifie.
 
Ces arbitres femmes disparaissent ainsi au fur et à mesure que l’enjeux croît. Toutes comme les dirigeantes ou les coaches, le nombre d’arbitres féminines se réduit comme peau de chagrin pour les compétitions masculines et/ou internationales. Pour caricaturer (ou pas), on se demande si le message est celui-ci : "On les laisse déjà jouer au ballon, et vous voudriez qu’elles arbitrent ? Et des matches importants ? Est-ce-qu’on est sûr qu’elles ont compris les règles ? C’est impossible, elles ne courent pas aussi vite qu’un homme !"
 
L’argument physique est régulièrement retourné à celles et ceux qui prônent l’égalité. Un raisonnement caduc dans les disciplines où l’importance des capacités athlétiques est moindre pour appliquer le règlement, comme la boxe, le judo, le tennis, etc. Mais où il y a toujours aussi peu de féminines ! Selon les sports, l’absence des femmes au sein du corps arbitral peut être colossal. Moins la discipline accueille de licenciées, moins elles sont à même de choisir de brandir le carton. Assez logiquement donc, il y a 29% de femmes arbitres dans le handball, 25% au basket contre 4 et 6% au football et rugby.
 
En 2013, au lancement des plans de féminisation des fédérations, l’arbitrage fut complètement oublié. Heureusement, certaines d’entres elles essaient depuis de rectifier le tir. Ainsi la fédération de tennis tente, par exemple, de rassembler les jeunes filles sur les stages départementaux et régionaux afin de lutter contre leur exclusion. Un mois avant Roland-Garros, les femmes arbitres non sélectionnées par la voie classique sont invitées dans l’enceinte sportive pour découvrir les lieux. Une place pour arbitrer les qualifications est également mise en jeu.
Pourquoi sont-elles si peu à prendre le sifflet ?
 
Pour expliquer la faible présence des féminines, plusieurs pistes se dégagent. Il est d’abord difficile de se projeter dans une activité peu rémunérée avec des sacrifices lourds pour sa vie privée. Les insultes du type "retourne faire la vaisselle", lancées à la cantonade depuis les tribunes sont une autre explication. Enfin, le sexisme latent offre encore un autre élément de réponse. En décembre 2000, lors du match Strasbourg - Metz, un pétard est lancé sur le terrain, blessant Nelly Viennot, arbitre-assistante, au tympan. Côté strasbourgeois, pour éviter une sanction, l’explication est toute trouvée : Nelly Viennot s’est évanouie parce que c’est une femme. Un homme serait resté de marbre.
 
Au-delà de la question du genre, la violence subie par les arbitres est ahurissante. "On a répertorié entre 250 à 300 agressions physiques par an dans deux disciplines, confiait au magazine Les Sportives en juin 2020 Patrick Vajda, président de l’Association Française du Corps Arbitral Multisports (AFCAM). Tous sports confondus, nous déplorons 1 000 agressions physiques annuelles. En sachant qu’on estime entre 25 et 30% les cas rapportés."
 

CREATION DU STATUT DE CITOYEN SAUVETEUR

Une nouvelle loi consacre le statut de citoyen sauveteur afin de protéger les bénévoles qui viennent en aide à une personne dont le cœur s’arrête de battre subitement. L’objectif est d’inciter la population à effectuer les gestes qui sauvent des vies. Ces dispositions s’accompagnent d’un programme de sensibilisation.
 
Aujourd’hui, en France, l’arrêt cardiaque inopiné touche entre 40 000 et 50 000 individus par an. Le taux de survie s’élève à 5 %, un pourcentage faible que la pratique du massage cardiaque associée à l’utilisation d’un défibrillateur porterait à plus de 50 %. Une nouvelle législation vient mettre à l’abri les bénévoles qui accomplissent ces gestes qui sauvent. L’objectif ? Lever les nombreux freins qui empêchent souvent le passage à l’acte des témoins présents lors du malaise de la victime : peur de mal faire, de créer des dommages corporels, d’empirer l’état du malade… En effet, actuellement, « seulement 40 à 50 % [des témoins présents sur les lieux] débutent un massage cardiaque et moins de 1 % font usage d’un défibrillateur cardiaque », annonce le rapport de l’Assemblée nationale sur la nouvelle loi (1). Pourtant, en cas d’arrêt cardiaque, mieux vaut pratiquer un massage, même imparfait, plutôt que d’attendre les secours. Ces conclusions ont amené à la création du statut protecteur de « citoyen sauveteur », inscrit dans la loi 2020-840 du 3 juillet 2020.

LES SECOURISTES BÉNÉVOLES ÉPAULÉS
 
D’une part, le texte indique que le citoyen sauveteur « bénéficie de la qualité de collaborateur occasionnel du service public ». En d’autres termes, « quiconque porte assistance de manière bénévole à une personne en situation apparente de péril grave et imminent » est protégé par l’État et pourra être indemnisé s’il subit des dommages lors de son intervention (blessure, chute…). D’autre part, il « est exonéré de toute responsabilité civile, sauf en cas de faute lourde ou intentionnelle de sa part », à savoir que tout préjudice causé par son intervention ne pourra pas être sanctionné.
 
Ces dispositions visent à encourager les sauvetages mais aussi à combler des lacunes nationales, comme le précise le rapport de l’Assemblée nationale : « Notre législation est insuffisamment précise, aujourd’hui, sur ce point, à l’inverse de celle de nombreux pays étrangers qui ont adopté des lois du "Bon Samaritain" [qui protègent les secouristes bénévoles]. »

UNE SENSIBILISATION RENFORCÉE
 
La loi du 3 juillet vient aussi renforcer les dispositifs de formation. Il est précisé que l’apprentissage des gestes de premiers secours dans le cadre scolaire, déjà prévu dans la loi, doit s’effectuer « suivant un continuum éducatif du premier au second degrés ». Il doit donc intégrer, dès l’entrée au collège, « une sensibilisation à la lutte contre l'arrêt cardiaque et aux gestes qui sauvent ». Les salariés sur le point de partir en retraite ainsi que les arbitres et juges sportifs seront également bénéficiaires de cette même sensibilisation, à laquelle est désormais consacrée une journée nationale.
 
(1) Sources des données indiquées concernant les arrêts cardiaques : Registre électronique des arrêts cardiaques (RéAC) et Académie nationale de médecine, via le rapport de l’Assemblée nationale sur la proposition de loi visant à lutter contre la mort subite et à sensibiliser la population aux gestes qui sauvent.
 
Marie Bourdellès
 

LA BELGIQUE AUSSI EST VICTIME DE LA "PANDÉMIE" SEXISTE !

Être une femme arbitre : le témoignage de Melissa Cornamusa
Le 24 juin 2020
 
J’ai débuté l’arbitrage un peu par hasard, il y à 5 ans. J’avais des amis arbitres et ceux-ci m’ont poussé à faire la formation.
 
Celle-ci a duré quelques jours, un petit test écrit réussi et en route quelques semaines plus tard sur le terrain.
 
J’ai commencé à arbitrer en jeunes, pour ensuite gravir les échelons jusqu’en P1 hommes (1re division provinciale belge).
 
Les premiers temps étaient simples, mais quand une femme se retrouve dans un monde masculin, j’ai pu vite me rendre compte que cela ne plaisait pas forcément.
 
Le début des problèmes

J’ai d’abord apprécié ma vie d’arbitre, rare femme dans un monde d’hommes. Entre collègues, nous nous sommes toujours bien entendus et amusés. J’y ai même rencontré mon meilleur ami…
 
 
Mais ma montée en seniors m’a tout de suite prouvé que je devais faire ma place de femme dans ce monde plus souvent machiste qu’on ne le pense.
Lors d’une rencontre masculine, j’ai eu mes premiers gros problèmes : insultes de joueurs, provocation, etc.

C’est là que je me suis rendue compte que l’humain se laisse vite dépasser par ses émotions… S’en est suivi 2 exclusions avec rapport à la clé… et une sacrée frayeur !

Par la suite, j’ai continué à gravir les échelons, plus j’avançais et plus je me rendais compte du comportement déplacé et irrespectueux des joueurs, coachs, et du public…

Souvent rien de bien méchant : « retourne faire ta vaisselle »,  Mais parfois bien plus violent… Tellement que je n’ose même pas rapporter ces mots.

Prise de recul

La saison 2018/2019 à été le début d’un processus de recul pour moi.
Il y a d’abord eu la naissance de mon petit garçon. Je jouais encore également, et mes week-end à partir du vendredi était rythmés uniquement par le basket. Jouer le vendredi soir et siffler 5, 6, 7 parfois 8 rencontres sur le week-end. Physiquement c’était parfois difficile.
 
 
Cette année la j’ai eu la chance de siffler la finale dames de coupe du Hainaut en tant qu’arbitre principale.
 
Cette finale, et cela était inédit, était 100% féminine car nous étions deux femmes arbitres. Mais elle fut inédite également par le caractère complètement fou des supporters d’une des deux équipes. Tellement excessif, que lors de la mi temps, les organisateurs de l’événement ont dû placer des banderoles de sécurité au bord du terrain afin que ceux-ci ne puisse plus y monter.

Insultes, provocations, ballon renvoyé violemment des tribunes, cette rencontre était tellement tendue que les services de sécurité on dû intervenir. Cela s’est conclu par 4 exclusions et l’intervention de la police. Applaudis par nos collègues, et vivement félicité, nous avons été escorté jusqu’au podium.

Mettre des rapports lors de cette finale nous à conduit au conseil de discipline… là aussi, insultes, provocations, intimidations, menaces… lors de la fin de celui-ci nous avons dû partir rapidement en sortant en premier…

C’est à ce moment que je me suis rendue compte que cela n’en valait peut-être pas forcément la peine…

Cette saison-la j’ai dû mettre 12 rapports, dont 4 en finale, et le reste en saison dont un dernier pour tentative de coup de poing heureusement ratée…

La goutte d’eau

Après une fin de saison compliquée, j’ai finalement décidé de ralentir en arrêtant de jouer et en limitant mes disponibilités le week-end afin de siffler maximum 3 rencontres lors de la saison 2019-2020.

Il va de soi que les insultes autant dans la tribune (et parfois même par des personnes amies de la famille !) que sur le terrain ont continué, et de plus en plus souvent. Que ce soit sur le physique ou sur le fait que je sois une femme qui soi-disant « n’y connais rien »…

Les exclusions ont continué, les rapports se sont enchaînés, jusqu’à la goutte d’eau qui a fait déborder le vase : les propos homophobes.

Je n’ai jamais rencontré de problème dans ma vie en ce qui concerne mon orientation, ni sur le terrain… mais cette fois-la cela a été fait !

Après une simulation d’un joueur, et suite à une faute technique, celui-ci a perdu pied et a commencé à m’insulter. S’en est donc suivi une exclusion et ce sans hésitation. Lorsque le joueur s’est rendu compte qu’il avait été exclu, il a couru vers moi, m’a hurlé dans les oreilles une masse d’insanités et m’a bousculé.

Lorsque j’écrivais ce qu’il s’était produit au dos de la feuille, celui-ci m’a regardé, et retenu par ses coéquipiers, m’a dit « espèce de sale lesbienne de m*** ».

Dans les tribunes, se trouvait ma compagne qui a également entendu des propos identiques du public, il s’en est suivi des disputes entre équipes dans les tribunes.

Après avoir exclus ces personnes, le match s’est terminé rapidement car il ne restait pas grand chose à jouer. En jetant un coup d’œil dans les tribunes j’ai vu ma compagne en pleurs et là je me suis dis que s’en était assez.

Je jette l’éponge

Le confinement est arrivé et je réfléchissais à la suite des chose. J’ai fait le bilan, et le négatif à pris le pas sur le positif.

On m’a souvent répété « Depuis quand tu t’occupes de ce que dises les autres… » car ce n’est pas dans mon caractère, et je répondais toujours « je ne préoccupe pas de ce qu’ils disent mais plutôt de ce qu’ils font… »

Après avoir essuyé plusieurs agressions, des tentatives de coups, des bousculades… j’ai décidé de ranger mon équipement, mes baskets et mon sifflet. Pas pour des paroles mais pour des actes. Avec le monde dans lequel nous vivons, j’ai eu la chance d’éviter de justesse des coups et autres… Je ne veux pas, je ne veux plus risquer mon intégrité physique pour du basket.

J’aurais souhaité faire quelque chose pour l’arbitrage féminin, pour le promouvoir. Malheureusement je n’aurai plus l’occasion de le faire…

Je reviendrai sur les parquets, grandie, plus sereine, mais en tant que joueuse.

Je remercie toutes les personnes qui ont été là pour moi, mes collègues, je leur dis bonne chance et courage.

Sans arbitre pas de match…
 
 

COMMUNIQUE DU SYNDICAT DES ARBITRES DU FOOTBALL D’ELITE - BRUNO FAYE, ELU PRESIDENT, COMPOSITION DU NOUVEAU BUREAU DIRECTEUR

Le Syndicat des Arbitres du Football d’Elite (SAFE) vient d’élire son nouveau bureau directeur.
 
Félicitations aux élus et tout particulièrement à Bruno Faye pour la continuation de son activité.
 
 

LE PLAN DE SOUTIEN DE LA FFT AUSSI AUX ARBITRES

Un plan de soutien et de relance massif pour l’écosystème du tennis français et des disciplines associées a été adopté et sera opérationnel dès le 3 juin. En voici les détails.
 
Texte
Le Comité exécutif de la FFT a adopté les modalités du plan de soutien et de relance à destination de l’ensemble de l’écosystème du tennis français et des disciplines associées, qui avait été voté le 10 avril dernier. Ce plan massif d’un montant de 35 millions d’euros, auquel les ligues et comités départementaux participent, s’adresse ainsi aux acteurs confrontés à de sérieuses difficultés économiques consécutives à la crise sanitaire.
 
Un dispositif complet est mis en place pour les différentes familles :
- Les clubs affiliés bénéficieront d’une aide de 21 millions d’euros. Ils seront ainsi accompagnés par des mesures de soutien immédiat mais également par des mesures de relance afin de favoriser la reprise d’activité.
 
- Une aide de 5 millions d’euros sera consacrée aux enseignants et aux entraîneurs indépendants, qui ne peuvent pas bénéficier des dispositifs d’activité partielle auxquels les enseignants salariés peuvent prétendre.
 
- Enfin, une enveloppe de 9 millions d’euros sera destinée au circuit professionnel en faveur :
 
* Des tournois internationaux sur les circuits ATP, WTA, Tennis Europe et ITF (juniors, professionnels, seniors, Padel, beach tennis et tennis-fauteuil) organisés en France, qui ont dû reporter ou annuler leur compétition en raison de la pandémie du Covid-19.
 
* Des officiels de la FFT, arbitres et juges arbitres des tournois internationaux et nationaux dont l’activité principale est l’arbitrage.
 
* Des joueuses et joueurs de tennis du circuit professionnel (hors top 100 mondial) et des disciplines associées (padel, beach tennis et tennis fauteuil). Cette aide pourra être attribuée aux joueurs ou joueuses qui ne bénéficieraient pas des dispositifs d’aides internationales, soit elle viendrait en complémentarité de celle-ci.

Par ailleurs, la FFT, en tant qu’organisatrice de Roland-Garros, a contribué, à l’instar des autres Grands Chelems, à hauteur de 1 million d’euros au fonds d’aide international en faveur des joueurs et joueuses classés entre la 101ème place et la 500ème place des classements WTA et ATP.
 
Les montants de ces enveloppes s’appuient sur des estimations. Les montants définitifs de ces enveloppes seront ajustés à la lumière des besoins exprimés et validés. Le plan sera mis en place à partir du 3 juin 2020 et se déploiera jusqu’au 31 août 2021.
 
Une plateforme digitale a spécialement été conçue pour la saisie et le traitement des demandes des différentes familles du tennis français et sera accessible à partir du 3 juin via l’url : relance.fft.fr

Cette plateforme mettra en lien, en temps réel, les différents acteurs de la chaîne décisionnaire (comités, ligues et fédération) et les bénéficiaires afin que la mise en œuvre du plan soit la plus agile possible. Selon la famille d’appartenance, les conditions l’éligibilité, les dates limites de saisie de demande, les pièces justificatives y seront précisées.
 
"La FFT souhaite, à travers ce dispositif, apporter son soutien à tous les acteurs français du tennis et des disciplines associées concernés par cette crise sans précédent. Grâce à la mise en place de ce fonds, complémentaire aux dispositifs de l’Etat, des régions et des Instances Internationales, nous espérons ainsi pouvoir les aider à surmonter cette période très difficile", explique Bernard Giudicelli, Président de la Fédération Française de Tennis.
 
Texte
Les équipes de la FFT sont à votre disposition pour répondre à vos questions à l’adresse covid-19@fft.fr. Pour toute question relative au Plan de soutien et de relance de la FFT, vous voudrez bien préciser dans l’objet de votre message "Question PSR".
 

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