L'HORRIBLE AGRESSION D'UNE ARBITRE DE 19 ANS CHOQUE ET PROVOQUE LA COLERE DES INTERNAUTES

par Jérémy Patrelle
 
Une arbitre amateur de 19 ans a été victime d'une terrible agression physique et verbale lors d'un match de jeunes en région parisienne dimanche 11 octobre. 
 
C'est une histoire terrible, horrible, ignoble, impensable, incroyable. Une arbitre de 19 ans a été victime d'une agression sans nom dimanche 11 octobre lors d'un match de moins de 18 ans (catégorie U18) entre la JS Pontoisienne et le FC Écouen. Le déroulé de la rencontre qui se passait en région parisienne a été décrit par le site arbitrezvous, qui se présente comme le “blog d'information N°1 des arbitres”. C'est franchement insoutenable.
 
Tout au long du match, l'arbitre a fait en sorte de maintenir l'ordre sur et en dehors du terrain. Malgré ses efforts, le match sera arrêté à quinze minutes de la fin après qu'un joueur exclu quelques secondes plus tôt eût enjambé la main courante et porté un coup de coude dans la mâchoire de l'arbitre. Cela faisait une vingtaine de minutes que la rencontre était entrée dans la zone rouge. À la 56è minute, l'arbitre avait averti un éducateur de l'équipe locale, la JS Pontoisienne, qui ne cessait de contester ses décisions. Ce qui n'a pas empêché ledit éducateur de rentrer sur le terrain 13 minutes plus tard pour contester de nouveau. Il a logiquement pris un carton rouge et été prié de se mettre de l'autre côté de la main courante. Ce qu'il a daigné faire après insistance de l'arbitre. Le match continue mais l'ambiance devient de plus en plus délétère.
 
Cinq minutes après le dernier incident, à la 74è minute, un joueur de la JS Pontoisienne est exclu pour avoir insulté copieusement un adversaire : “Je vais te ni***r ta mère, espèce de fils de p***, regarde moi je vais te b***er, regarde moi tu verras, à la fin du match on va tous vous monter en l'air bande de petits fils de p*** que vous êtes.” L'arbitre donne un carton rouge à ce joueur, qui se met alors front contre front contre elle. Et l'insulte également : “Qu'est-ce qu'il y a toi espèce de petite p***? Ferme ta ch*** ou je t'enc*** toi aussi, je sors pas. Tu vas faire quoi ? Je sors pas tu vas faire quoi ? Je reste là et je vous enc*** tous un par un, ici on est à La Pontoisienne, on vous b**** moi et mon équipe bande de fils de p***.” Les propos sont donc d'une rare violence. L'intervention de quelques coéquipiers permettent de faire sortir le joueur. Qui va pourtant continuer d'insulter l'arbitre, soutenue par quelques amis qui assistent et s'y mettent également. La partie reprend.
 
Mais la jeune femme arbitre va décider d'exclure un autre dirigeant de l'équipe locale qui s'en est pris au juge de touche, qui fait partie de l'équipe adverse (au niveau amateur, dans la majorité des cas, il y a un(e) arbitre de la Fédération Française de Football qui est assisté(e) par deux juges de lignes non officiels, généralement un dirigeant ce chaque équipe s'opposant sur le terrain). Il s'agit là d'insultes homophobes. Mais le dirigeant refuse de passer derrière la main courante, un dialogue s'engage entre lui et l'arbitre :
- “Je sors pas, je sors pas, je reste là tu vas faire quoi ?”
- “Pouvez-vous passer derrière la main courante que l'on puisse reprendre le match, s'il vous plaît ?”
- “Parle bien aussi, je suis pas ton pote, parle bien, respecte avec ta bouche, je rigole pas avec toi.”
 
C'est alors que les choses vont encore se dégradées. Le dirigeant vient se coller à l'arbitre alors que l'autre dirigeant exclu précédemment revient sur le terrain et demande aux gens de filmer l'arbitre avec leur smartphone. Le joueur qui vient de se voir attribuer un carton rouge revient lui aussi sur le terrain et frappe alors l'arbitre, avec un coup de coude dans la mâchoire. L'arbitre siffle la fin du match et file dans son vestiaire. Mais les dirigeants tentent de rentrer dedans… Quelques minutes plus tard, la jeune arbitre se rend compte que le joueur exclu n'était pas sur la feuille de match et demande aux dirigeants de La Pontoisienne de lui révéler son identité. Ils refuseront.
 
La commission de discipline de la Fédération Française de Football doit juger l'affaire. En attendant, la “Commission d'Arbitrage a décidé de désigner des arbitres seniors masculins sur l'ensemble des rencontres toutes catégories du club incriminé”, nous apprend le blog « arbitrezvous ». Décision qui va évidemment porter à controverse car on ne comprend pas vraiment ce que va changer le fait de mettre un homme et ce que cela signifie par rapport aux femmes... Il est en tout grand temps que les instances compétentes règlent l'un des problèmes majeurs du football amateur en France.
 

ARBITRES FEMMES : L'ART DE S'ADAPTER A DES INFRASTRUCTURES INAPPROPRIÉES

Les femmes arbitres, minoritaires dans les sports pratiqués par les hommes, doivent sans cesse s’adapter à l’univers dans lequel elles évoluent. S’il change à mesure que leur nombre augmente, ce monde masculin reste fidèle à ses constructions, bâties à une époque où les femmes étaient encore moins nombreuses à officier. En témoignent les infrastructures d’accueil de ces dames au sifflet, les vestiaires, les toilettes ou les douches, qui ne répondent pas toujours à leurs besoins spécifiques.

la suite...
 

INQUIÉTANT !

 Extrait twitter : https://twitter.com/ArbitrezVous
 

Arbitrage Sportif : un premier grand Evénement International

 

FFF : UN CONTRAT DE PROFESSIONNALISATION POUR AIDER L’ARBITRAGE FEMININ

La fédération française de football s’est lancée cette saison dans la professionnalisation des arbitres féminins. Huit d’entre elles, dont Nabila Zaouak, bénéficient d’un contrat d’un an.
 
Par Arnaud Detout
 
Encore plus de parité. Un grand pas a été franchi dans le monde du sifflet féminin cette saison puisque huit arbitres (4 centrales et 4 assistantes) officiant en D1 bénéficient du plan de professionnalisation de l'arbitrage féminin lancé par la Fédération Française de Football (FFF). « Je suis heureuse d'avoir été choisie, jubile Nabila Zaouak (34 ans), une des 4 arbitres assistantes qui fait partie de ce groupe élite. J'ai opté pour la fonction d'arbitre assistante car je voulais donner un nouvel élan à ma carrière, vivre une nouvelle expérience et évoluer au plus haut niveau de l'arbitrage féminin. Ce contrat de professionnalisation est un vrai plus pour nous. »
 
Consultante dans les ressources humaines, Nabila - qui s'entraîne environ entre une heure et demie quotidiennement - va bénéficier d'un travail individualisé, des services d'un préparateur physique supplémentaire, d'un suivi médical avec des tests annuels au centre technique national à Clairefontaine et l'encadrement d'un manager en arbitrage féminin.
Travail athlétique et technique
 
Elle reçoit une indemnité fixe mensuelle de 800 euros bruts (1 200 euros bruts pour les centrales) qui s'ajoute à ses indemnités de match d'un montant de 180 euros bruts (360 euros bruts pour les centrales). A l'instar de ses homologues masculins de la L1, Nabila et ses 7 camarades arbitres sont également dotées de gilet GPS pour suivre leur activité aussi bien à l'entraînement qu'en match.
 
Mercredi dernier, l'ancienne joueuse de Colombes (Hauts-de-Seine) devenue arbitre en 2000 a assisté au premier des 4 stages supplémentaire cette saison à Clairefontaine (l'an dernier, elle n'en avait eu que 3). Pendant 3 jours, Nabila a compilé travail athlétique et technique sur le terrain et débriefing vidéo des matchs. Stéphanie Frappart (arbitre en L1 depuis 2019) est également intervenue durant ce stage pour donner des cours en anglais sur les lois du jeu. Sur des prochains stages, il y aura même des ateliers en commun avec des arbitres masculins de L2 et National.
«On souhaite faire de l'arbitrage féminin une référence internationale»
 
« C'était super, ces stages vont nous permettre de progresser », insiste celle qui fait partie du comité exécutif du district de Seine-Saint-Denis. Samedi dernier, elle a officié sur la touche lors de la rencontre de D1 entre le Paris FC et Le Havre (1-1) au stade Robert-Bobin à Bondoufle avant de repartir ce lundi pour une nouvelle semaine où elle doit allier sa vie sportive, professionnelle et privée. « Mon employeur est un passionné de foot, toujours à l'écoute, qui accepte que je prenne un congé lorsque j'ai un match le vendredi, indique cette amoureuse de documentaire historique et politique. Si jamais je ressens un coup de fatigue cette saison, je me mettrai à temps partiel grâce à ce contrat. L'arbitrage m'a aidé dans mon métier et l'inverse est aussi vrai. »
 
« L'objectif est de permettre à nos meilleures arbitres féminines et de manière progressive de renforcer et développer leur expertise à tous les niveaux athlétiques, techniques, managérial, explique Pascal Garibian le directeur technique de l'arbitrage. On souhaite faire de l'arbitrage féminin une référence internationale au-delà de Stéphanie Frappart. L'ambition de la DTA (direction technique de l'arbitrage) est aussi de permettre l'émergence de candidatures d'actuelles ou anciennes joueuses professionnelles en manque de temps de jeu, blessées ou en fin de carrière. A terme, on veut que l'ensemble des arbitres de D1 puissent bénéficier de ce contrat. »
 

LE MONDE SPORTIF ASSOCIATIF EST-IL CONDAMNE A DISPARAITRE ?

La fermeture des gymnases dans les zones d’alerte renforcée va avoir de lourdes conséquences sur le secteur amateur. Mais des solutions existent : doublement du fonds de soutien aux petites structures, chèque-sport, recours au mécénat…
 
Les récentes mesures prises par le gouvernement et les préfets concernant la fermeture des gymnases dans les zones d’alerte renforcée suscitent incompréhension et colère.
 
Les piscines resteront ouvertes, mais pas les gymnases, ni les salles de sport. Sur quels éléments statistiques se fondent-ils pour affirmer que ces lieux favorisent la transmission du virus ? Virgile Caillet, délégué général de l’union sport et cycle indique «200 cas de Covid recensés depuis le 1er août sur près de 25 millions de passages dans la totalité des salles confinées proposant une activité sportive», soit un taux d’incidence de 0,8% quand il est de 7,4% dans la population.
 
 
Comment comprendre que le même enfant, à Bordeaux, pourra fréquenter un gymnase en tant qu’élève mais ne le pourra pas en tant que licencié de son club de sport ? A Paris, l’action des élus permet finalement à tous les mineurs de fréquenter les équipements indoors sans restriction particulière – mais toujours pas les adultes, pour le moment. La décentralisation des décisions au niveau des préfectures doit s’accompagner d’un dialogue avec les élus locaux mais aussi d’un cadre national sans lequel plus personne ne comprend les décisions prises, ni les motifs qui les motivent.

Méfiance à l’égard du monde du sport
 
Cette décision renferme une forme de défiance à l’égard du monde du sport qui n’est pas acceptable. Le gouvernement doit faire confiance aux clubs et aux bénévoles. On objectera que dans certains cas le protocole n’est pas respecté - par les structures, ou par les pratiquants. Probablement. Mais alors sanctionnons ceux qui sont en faute, au cas par cas, et faisons confiance à tous les autres qui appliquent avec sérieux les différents protocoles en vigueur. Il faut en finir, dans le sport comme ailleurs, avec le règne de la sanction collective quand la faute est le fait d’une minorité.
 
Ces mesures vont avoir de lourdes conséquences immédiates. Elles vont priver les adhérent·es d’une pratique sportive qui contribue à les maintenir en bonne santé - ce qui n’est pas négligeable pour affronter la covid ou la grippe saisonnière ou contribuer à réduire des facteurs de comorbidités comme l’obésité, le manque d’exercice…
 
Elles vont fragiliser un peu plus les associations et les clubs amateurs sortis essorés de la période du confinement et en plein séisme en cette rentrée. De nombreux emplois sont sur la sellette. Le CNOSF (Comité national olympique et sportif français) a fait état d’une baisse moyenne de 25% pour la reprise de licences dans les clubs par rapport à l’an dernier, soit 4,5 millions de licenciés en moins, une perte estimée à 800 millions d’euros. C’est un cataclysme. Et les 120 millions d’euros prévus du plan de relance pour le sport sont dérisoires – surtout quand, au total, seulement 45 millions seront dédiées au soutien des associations.
 
C’est la survie du tissu associatif sportif de proximité qui en jeu. Si la pratique sportive n’est pas soutenue maintenant, elle ne sera pas restaurée demain. C’est le sport comme vecteur d’éducation, de fraternité, de lien social, de vivre-ensemble, dans les villages comme dans les quartiers qui est menacé.
Déplafonnement des taxes
 
Depuis trois ans le gouvernement, par sa politique, a laminé ce secteur, avec la baisse continue du budget du sport, la suppression du CNDS (centre national pour le développement du sport), la liquidation des emplois aidés ou l’absence de compensation des aides attribuées via la réserve parlementaire. Ce sont des acteurs exsangues qui vont devoir affronter une crise d’une ampleur inédite.
 
Alors que l’on entre dans l’examen du Projet de loi de finances, le temps est venu de changer de politique. Les propositions existent. Nous les avons mis sur la table depuis des années et répétées en juin : doublement du fonds de soutien aux petites structures pour le porter à 100 millions d’euros, mise en place d’une chèque-sport d’un montant de 100 euros pour aider les familles victimes de la crise à ne pas renoncer à inscrire leurs enfants au sport (proposition Juanico-Lozach), facilitation du recours au mécénat sportif, etc.
 
Le financement de ces mesures ne passerait pas par une augmentation de la fiscalité mais serait assuré par le déplafonnement des taxes affectées au sport et la renationalisation provisoire de la Française des jeux. Au total, mise bout à bout, ces mesures pourraient rapporter 240 millions d’euros et assurer un financement soutenable et durable.
 
Il est temps d’agir. La France, qui doit accueillir les Jeux olympiques de Paris dans moins de quatre ans, ne peut pas laisser disparaître le sport pour toutes et tous, le sport associatif de proximité, le sport amateur.

Par Régis Juanico, député Génération·s de la Loire , Corinne Narassiguin, Secrétaire à la coordination du Parti socialiste , Pierre Rondeau , économiste du sport, codirecteur de l’Observatoire du sport à la Fondation Jean-Jaurès , Richard Bouigue, codirecteur de l’Observatoire du sport à la Fondation Jean-Jaurès , Anne-Marie Heugas, vice-présidente EELV en charge des sports à l'ETP Est Ensemble Grand Paris , Jean-Jacques Lozach, sénateur PS de la Creuse et Emmanuelle Bonnet Ouladj, coprésidente de la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT)
 

FÉLICITATIONS A STÉPHANIE

Stéphanie Frappart a été désignée pour arbitrer le choc de la 6e journée de Ligue 1 entre l'OL et l'OM.
 
La rencontre entre Lyon et Marseille, dimanche, qui fera office d'affiche de la sixième journée de Ligue 1, sera arbitrée par Stéphanie Frappart. Ce sera le 16e match où elle officiera en tant qu'arbitre central au sein de l'élite.
 
Stéphanie Frappart avait aussi arbitré la finale de la Supercoupe d'Europe 2019 entre Liverpool et Chelsea et la finale de la Coupe du monde féminine la même année.
 

CONFERENCE SUR LES CONCLUSIONS DU PROJET ONSIDE, ORGANISEE EN PARTENARIAT AVEC LA FEDERATION INTERNATIONALE DES JUGES ET ARBITRES SPORTIFS (INTERNATIONAL FEDERATION FOR SPORTS OFFICIALS- IFSO)

 

Féminisation de l’arbitrage : Stéphanie Frappart, l’exception qui confirme la règle ?

Les femmes arbitres sont de plus en plus nombreuses. Pour autant, plus les enjeux d’une rencontre sont forts, plus celles-ci disparaissent. Particulièrement lorsqu’il s’agit de compétitions masculines et/ou internationales. Si Stéphanie Frappart et consœurs ouvrent la voie, sont-elles destinées à n’avoir que très peu d’héritières ?
 
Stéphanie Frappart au football, les soeurs Bonaventura au handball… En France, au sein du milieu sportif, les femmes sont de plus en plus visibles. Et notamment dans l’arbitrage. Depuis 2011, la proportion de femmes à prendre le sifflet a été multipliée par 2,5, passant d’environ 5 000 à 12 810 pour la saison 2019/2020[1]. Une progression qu’il convient tout de même de relativiser tant leur absence auparavant était totale. Car le sport reproduit les inégalités présentes dans notre société, voire les amplifie.
 
Ces arbitres femmes disparaissent ainsi au fur et à mesure que l’enjeux croît. Toutes comme les dirigeantes ou les coaches, le nombre d’arbitres féminines se réduit comme peau de chagrin pour les compétitions masculines et/ou internationales. Pour caricaturer (ou pas), on se demande si le message est celui-ci : "On les laisse déjà jouer au ballon, et vous voudriez qu’elles arbitrent ? Et des matches importants ? Est-ce-qu’on est sûr qu’elles ont compris les règles ? C’est impossible, elles ne courent pas aussi vite qu’un homme !"
 
L’argument physique est régulièrement retourné à celles et ceux qui prônent l’égalité. Un raisonnement caduc dans les disciplines où l’importance des capacités athlétiques est moindre pour appliquer le règlement, comme la boxe, le judo, le tennis, etc. Mais où il y a toujours aussi peu de féminines ! Selon les sports, l’absence des femmes au sein du corps arbitral peut être colossal. Moins la discipline accueille de licenciées, moins elles sont à même de choisir de brandir le carton. Assez logiquement donc, il y a 29% de femmes arbitres dans le handball, 25% au basket contre 4 et 6% au football et rugby.
 
En 2013, au lancement des plans de féminisation des fédérations, l’arbitrage fut complètement oublié. Heureusement, certaines d’entres elles essaient depuis de rectifier le tir. Ainsi la fédération de tennis tente, par exemple, de rassembler les jeunes filles sur les stages départementaux et régionaux afin de lutter contre leur exclusion. Un mois avant Roland-Garros, les femmes arbitres non sélectionnées par la voie classique sont invitées dans l’enceinte sportive pour découvrir les lieux. Une place pour arbitrer les qualifications est également mise en jeu.
Pourquoi sont-elles si peu à prendre le sifflet ?
 
Pour expliquer la faible présence des féminines, plusieurs pistes se dégagent. Il est d’abord difficile de se projeter dans une activité peu rémunérée avec des sacrifices lourds pour sa vie privée. Les insultes du type "retourne faire la vaisselle", lancées à la cantonade depuis les tribunes sont une autre explication. Enfin, le sexisme latent offre encore un autre élément de réponse. En décembre 2000, lors du match Strasbourg - Metz, un pétard est lancé sur le terrain, blessant Nelly Viennot, arbitre-assistante, au tympan. Côté strasbourgeois, pour éviter une sanction, l’explication est toute trouvée : Nelly Viennot s’est évanouie parce que c’est une femme. Un homme serait resté de marbre.
 
Au-delà de la question du genre, la violence subie par les arbitres est ahurissante. "On a répertorié entre 250 à 300 agressions physiques par an dans deux disciplines, confiait au magazine Les Sportives en juin 2020 Patrick Vajda, président de l’Association Française du Corps Arbitral Multisports (AFCAM). Tous sports confondus, nous déplorons 1 000 agressions physiques annuelles. En sachant qu’on estime entre 25 et 30% les cas rapportés."
 

CREATION DU STATUT DE CITOYEN SAUVETEUR

Une nouvelle loi consacre le statut de citoyen sauveteur afin de protéger les bénévoles qui viennent en aide à une personne dont le cœur s’arrête de battre subitement. L’objectif est d’inciter la population à effectuer les gestes qui sauvent des vies. Ces dispositions s’accompagnent d’un programme de sensibilisation.
 
Aujourd’hui, en France, l’arrêt cardiaque inopiné touche entre 40 000 et 50 000 individus par an. Le taux de survie s’élève à 5 %, un pourcentage faible que la pratique du massage cardiaque associée à l’utilisation d’un défibrillateur porterait à plus de 50 %. Une nouvelle législation vient mettre à l’abri les bénévoles qui accomplissent ces gestes qui sauvent. L’objectif ? Lever les nombreux freins qui empêchent souvent le passage à l’acte des témoins présents lors du malaise de la victime : peur de mal faire, de créer des dommages corporels, d’empirer l’état du malade… En effet, actuellement, « seulement 40 à 50 % [des témoins présents sur les lieux] débutent un massage cardiaque et moins de 1 % font usage d’un défibrillateur cardiaque », annonce le rapport de l’Assemblée nationale sur la nouvelle loi (1). Pourtant, en cas d’arrêt cardiaque, mieux vaut pratiquer un massage, même imparfait, plutôt que d’attendre les secours. Ces conclusions ont amené à la création du statut protecteur de « citoyen sauveteur », inscrit dans la loi 2020-840 du 3 juillet 2020.

LES SECOURISTES BÉNÉVOLES ÉPAULÉS
 
D’une part, le texte indique que le citoyen sauveteur « bénéficie de la qualité de collaborateur occasionnel du service public ». En d’autres termes, « quiconque porte assistance de manière bénévole à une personne en situation apparente de péril grave et imminent » est protégé par l’État et pourra être indemnisé s’il subit des dommages lors de son intervention (blessure, chute…). D’autre part, il « est exonéré de toute responsabilité civile, sauf en cas de faute lourde ou intentionnelle de sa part », à savoir que tout préjudice causé par son intervention ne pourra pas être sanctionné.
 
Ces dispositions visent à encourager les sauvetages mais aussi à combler des lacunes nationales, comme le précise le rapport de l’Assemblée nationale : « Notre législation est insuffisamment précise, aujourd’hui, sur ce point, à l’inverse de celle de nombreux pays étrangers qui ont adopté des lois du "Bon Samaritain" [qui protègent les secouristes bénévoles]. »

UNE SENSIBILISATION RENFORCÉE
 
La loi du 3 juillet vient aussi renforcer les dispositifs de formation. Il est précisé que l’apprentissage des gestes de premiers secours dans le cadre scolaire, déjà prévu dans la loi, doit s’effectuer « suivant un continuum éducatif du premier au second degrés ». Il doit donc intégrer, dès l’entrée au collège, « une sensibilisation à la lutte contre l'arrêt cardiaque et aux gestes qui sauvent ». Les salariés sur le point de partir en retraite ainsi que les arbitres et juges sportifs seront également bénéficiaires de cette même sensibilisation, à laquelle est désormais consacrée une journée nationale.
 
(1) Sources des données indiquées concernant les arrêts cardiaques : Registre électronique des arrêts cardiaques (RéAC) et Académie nationale de médecine, via le rapport de l’Assemblée nationale sur la proposition de loi visant à lutter contre la mort subite et à sensibiliser la population aux gestes qui sauvent.
 
Marie Bourdellès
 

LA BELGIQUE AUSSI EST VICTIME DE LA "PANDÉMIE" SEXISTE !

Être une femme arbitre : le témoignage de Melissa Cornamusa
Le 24 juin 2020
 
J’ai débuté l’arbitrage un peu par hasard, il y à 5 ans. J’avais des amis arbitres et ceux-ci m’ont poussé à faire la formation.
 
Celle-ci a duré quelques jours, un petit test écrit réussi et en route quelques semaines plus tard sur le terrain.
 
J’ai commencé à arbitrer en jeunes, pour ensuite gravir les échelons jusqu’en P1 hommes (1re division provinciale belge).
 
Les premiers temps étaient simples, mais quand une femme se retrouve dans un monde masculin, j’ai pu vite me rendre compte que cela ne plaisait pas forcément.
 
Le début des problèmes

J’ai d’abord apprécié ma vie d’arbitre, rare femme dans un monde d’hommes. Entre collègues, nous nous sommes toujours bien entendus et amusés. J’y ai même rencontré mon meilleur ami…
 
 
Mais ma montée en seniors m’a tout de suite prouvé que je devais faire ma place de femme dans ce monde plus souvent machiste qu’on ne le pense.
Lors d’une rencontre masculine, j’ai eu mes premiers gros problèmes : insultes de joueurs, provocation, etc.

C’est là que je me suis rendue compte que l’humain se laisse vite dépasser par ses émotions… S’en est suivi 2 exclusions avec rapport à la clé… et une sacrée frayeur !

Par la suite, j’ai continué à gravir les échelons, plus j’avançais et plus je me rendais compte du comportement déplacé et irrespectueux des joueurs, coachs, et du public…

Souvent rien de bien méchant : « retourne faire ta vaisselle »,  Mais parfois bien plus violent… Tellement que je n’ose même pas rapporter ces mots.

Prise de recul

La saison 2018/2019 à été le début d’un processus de recul pour moi.
Il y a d’abord eu la naissance de mon petit garçon. Je jouais encore également, et mes week-end à partir du vendredi était rythmés uniquement par le basket. Jouer le vendredi soir et siffler 5, 6, 7 parfois 8 rencontres sur le week-end. Physiquement c’était parfois difficile.
 
 
Cette année la j’ai eu la chance de siffler la finale dames de coupe du Hainaut en tant qu’arbitre principale.
 
Cette finale, et cela était inédit, était 100% féminine car nous étions deux femmes arbitres. Mais elle fut inédite également par le caractère complètement fou des supporters d’une des deux équipes. Tellement excessif, que lors de la mi temps, les organisateurs de l’événement ont dû placer des banderoles de sécurité au bord du terrain afin que ceux-ci ne puisse plus y monter.

Insultes, provocations, ballon renvoyé violemment des tribunes, cette rencontre était tellement tendue que les services de sécurité on dû intervenir. Cela s’est conclu par 4 exclusions et l’intervention de la police. Applaudis par nos collègues, et vivement félicité, nous avons été escorté jusqu’au podium.

Mettre des rapports lors de cette finale nous à conduit au conseil de discipline… là aussi, insultes, provocations, intimidations, menaces… lors de la fin de celui-ci nous avons dû partir rapidement en sortant en premier…

C’est à ce moment que je me suis rendue compte que cela n’en valait peut-être pas forcément la peine…

Cette saison-la j’ai dû mettre 12 rapports, dont 4 en finale, et le reste en saison dont un dernier pour tentative de coup de poing heureusement ratée…

La goutte d’eau

Après une fin de saison compliquée, j’ai finalement décidé de ralentir en arrêtant de jouer et en limitant mes disponibilités le week-end afin de siffler maximum 3 rencontres lors de la saison 2019-2020.

Il va de soi que les insultes autant dans la tribune (et parfois même par des personnes amies de la famille !) que sur le terrain ont continué, et de plus en plus souvent. Que ce soit sur le physique ou sur le fait que je sois une femme qui soi-disant « n’y connais rien »…

Les exclusions ont continué, les rapports se sont enchaînés, jusqu’à la goutte d’eau qui a fait déborder le vase : les propos homophobes.

Je n’ai jamais rencontré de problème dans ma vie en ce qui concerne mon orientation, ni sur le terrain… mais cette fois-la cela a été fait !

Après une simulation d’un joueur, et suite à une faute technique, celui-ci a perdu pied et a commencé à m’insulter. S’en est donc suivi une exclusion et ce sans hésitation. Lorsque le joueur s’est rendu compte qu’il avait été exclu, il a couru vers moi, m’a hurlé dans les oreilles une masse d’insanités et m’a bousculé.

Lorsque j’écrivais ce qu’il s’était produit au dos de la feuille, celui-ci m’a regardé, et retenu par ses coéquipiers, m’a dit « espèce de sale lesbienne de m*** ».

Dans les tribunes, se trouvait ma compagne qui a également entendu des propos identiques du public, il s’en est suivi des disputes entre équipes dans les tribunes.

Après avoir exclus ces personnes, le match s’est terminé rapidement car il ne restait pas grand chose à jouer. En jetant un coup d’œil dans les tribunes j’ai vu ma compagne en pleurs et là je me suis dis que s’en était assez.

Je jette l’éponge

Le confinement est arrivé et je réfléchissais à la suite des chose. J’ai fait le bilan, et le négatif à pris le pas sur le positif.

On m’a souvent répété « Depuis quand tu t’occupes de ce que dises les autres… » car ce n’est pas dans mon caractère, et je répondais toujours « je ne préoccupe pas de ce qu’ils disent mais plutôt de ce qu’ils font… »

Après avoir essuyé plusieurs agressions, des tentatives de coups, des bousculades… j’ai décidé de ranger mon équipement, mes baskets et mon sifflet. Pas pour des paroles mais pour des actes. Avec le monde dans lequel nous vivons, j’ai eu la chance d’éviter de justesse des coups et autres… Je ne veux pas, je ne veux plus risquer mon intégrité physique pour du basket.

J’aurais souhaité faire quelque chose pour l’arbitrage féminin, pour le promouvoir. Malheureusement je n’aurai plus l’occasion de le faire…

Je reviendrai sur les parquets, grandie, plus sereine, mais en tant que joueuse.

Je remercie toutes les personnes qui ont été là pour moi, mes collègues, je leur dis bonne chance et courage.

Sans arbitre pas de match…
 
 

COMMUNIQUE DU SYNDICAT DES ARBITRES DU FOOTBALL D’ELITE - BRUNO FAYE, ELU PRESIDENT, COMPOSITION DU NOUVEAU BUREAU DIRECTEUR

Le Syndicat des Arbitres du Football d’Elite (SAFE) vient d’élire son nouveau bureau directeur.
 
Félicitations aux élus et tout particulièrement à Bruno Faye pour la continuation de son activité.
 
 

LE PLAN DE SOUTIEN DE LA FFT AUSSI AUX ARBITRES

Un plan de soutien et de relance massif pour l’écosystème du tennis français et des disciplines associées a été adopté et sera opérationnel dès le 3 juin. En voici les détails.
 
Texte
Le Comité exécutif de la FFT a adopté les modalités du plan de soutien et de relance à destination de l’ensemble de l’écosystème du tennis français et des disciplines associées, qui avait été voté le 10 avril dernier. Ce plan massif d’un montant de 35 millions d’euros, auquel les ligues et comités départementaux participent, s’adresse ainsi aux acteurs confrontés à de sérieuses difficultés économiques consécutives à la crise sanitaire.
 
Un dispositif complet est mis en place pour les différentes familles :
- Les clubs affiliés bénéficieront d’une aide de 21 millions d’euros. Ils seront ainsi accompagnés par des mesures de soutien immédiat mais également par des mesures de relance afin de favoriser la reprise d’activité.
 
- Une aide de 5 millions d’euros sera consacrée aux enseignants et aux entraîneurs indépendants, qui ne peuvent pas bénéficier des dispositifs d’activité partielle auxquels les enseignants salariés peuvent prétendre.
 
- Enfin, une enveloppe de 9 millions d’euros sera destinée au circuit professionnel en faveur :
 
* Des tournois internationaux sur les circuits ATP, WTA, Tennis Europe et ITF (juniors, professionnels, seniors, Padel, beach tennis et tennis-fauteuil) organisés en France, qui ont dû reporter ou annuler leur compétition en raison de la pandémie du Covid-19.
 
* Des officiels de la FFT, arbitres et juges arbitres des tournois internationaux et nationaux dont l’activité principale est l’arbitrage.
 
* Des joueuses et joueurs de tennis du circuit professionnel (hors top 100 mondial) et des disciplines associées (padel, beach tennis et tennis fauteuil). Cette aide pourra être attribuée aux joueurs ou joueuses qui ne bénéficieraient pas des dispositifs d’aides internationales, soit elle viendrait en complémentarité de celle-ci.

Par ailleurs, la FFT, en tant qu’organisatrice de Roland-Garros, a contribué, à l’instar des autres Grands Chelems, à hauteur de 1 million d’euros au fonds d’aide international en faveur des joueurs et joueuses classés entre la 101ème place et la 500ème place des classements WTA et ATP.
 
Les montants de ces enveloppes s’appuient sur des estimations. Les montants définitifs de ces enveloppes seront ajustés à la lumière des besoins exprimés et validés. Le plan sera mis en place à partir du 3 juin 2020 et se déploiera jusqu’au 31 août 2021.
 
Une plateforme digitale a spécialement été conçue pour la saisie et le traitement des demandes des différentes familles du tennis français et sera accessible à partir du 3 juin via l’url : relance.fft.fr

Cette plateforme mettra en lien, en temps réel, les différents acteurs de la chaîne décisionnaire (comités, ligues et fédération) et les bénéficiaires afin que la mise en œuvre du plan soit la plus agile possible. Selon la famille d’appartenance, les conditions l’éligibilité, les dates limites de saisie de demande, les pièces justificatives y seront précisées.
 
"La FFT souhaite, à travers ce dispositif, apporter son soutien à tous les acteurs français du tennis et des disciplines associées concernés par cette crise sans précédent. Grâce à la mise en place de ce fonds, complémentaire aux dispositifs de l’Etat, des régions et des Instances Internationales, nous espérons ainsi pouvoir les aider à surmonter cette période très difficile", explique Bernard Giudicelli, Président de la Fédération Française de Tennis.
 
Texte
Les équipes de la FFT sont à votre disposition pour répondre à vos questions à l’adresse covid-19@fft.fr. Pour toute question relative au Plan de soutien et de relance de la FFT, vous voudrez bien préciser dans l’objet de votre message "Question PSR".
 

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