EDITORIAL AOUT 2017 par Patrick VAJDA

PARIS 2024 : Pourquoi regarder dans la « gamelle » des autres ?

 

Nous autres Français nous sommes ainsi faits que l’instinct de la critique prime sur la joie de la victoire !

 

Ainsi sauf cataclysme de dernière minute très improbable, Paris organisera les Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2024. Nous en sommes quasi certains et nous pourrons supprimer le « quasi » au soir du 13 septembre après le vote de Lima.

 

Los Angeles semble ravi, et le CIO aussi. Quant à Paris nous voulions 2024 et nous les aurons ! Parfait ! Et bien non, des esprits chagrins se demandent pourquoi ne pas avoir laissé 2024 à LA et gagner ainsi quelques millions de USD en plus (100) et des conditions de trésorerie meilleure ? Une manière de regarder dans la gamelle du voisin que je trouve déplaisante et surtout inutile !

 

PARIS 2024 a passé des mois à expliquer pourquoi 2024 était à juste titre notre seule possibilité, et personne n’avait émis le moindre doute sur cette évidence.

 

Alors je crois qu’il faut en rester là et se réjouir avec les 240 000 juges et arbitres du sport Français de cette belle (future) victoire obtenue grâce à un remarquable travail d’une équipe soudée, efficace, et qui a su mettre au-devant de la scène les sportifs, c’est-à-dire ceux pour qui les jeux sont faits !

 

Regarder dans la « gamelle » du voisin n’est pas notre seul problème ! Nous sommes aussi des pessimistes notoires. Et sur internet nous voyons fleurir des interrogations sur le cout des JO et JPO ! Avec des phrases du genre qui paiera le déficit abyssal ? ou bien les Américains sont les seuls capables de gagner de l’argent avec une telle organisation…..

 

Ayant participé à 18 Jeux Olympiques et Paralympiques, dont 14 en conseil de l’Equipe finances, je pense avoir une petite idée du cout de cet événement. Aujourd’hui les Jeux payent les Jeux, ce qui veut dire que le cout de l’organisation des JO et JPO est compensé, largement parfois, par trois postes : la subvention du CIO, la billetterie, et le programme marketing propre du comité d’organisation. Mais il existe d’autres dépenses que l’on peut qualifier de dépenses d’investissement (Piscine Olympique, station de métro ou de train, village, modification autoroutière…) et ces dépenses ne sont pas, dans l’immédiat, compensées par des recettes (sauf pour le village qui sera revendu après utilisation)….. Alors déficit abyssal, catastrophe financière !! Pas du tout. En tous les cas pas en France.

 

La piscine Olympique nous l’attendons depuis 50 ans ! Quant aux autres dépenses d’investissement, elles sont pour la plupart programmées à plus ou moins long terme. Les jeux ne serviront qu’à accélérer ces investissements ; en un mot les jeux sont un accélérateur de progrès et c’est bien cela qui est fantastique !

 

Alors réjouissons-nous, stoppons les critiques inutiles et travaillons pour mettre en place « les plus beaux jeux de l’Histoire ». Et un grand merci à tous ceux qui ont travaillé à ce beau succès, et qui, demain, travailleront afin de recevoir à Paris et en France, la plus belle manifestation sportive de la planète !



Patrick VAJDA

Président de l’AFCAM

 

EDITORIAL DE JUILLET 2017 par Patrick VAJDA

Le 13 Juillet 2017 s’est éteint à Antibes à l’âge de 84 ans, l’un des plus grands arbitres de Tennis de notre planète : Jacques DORFMANN.


Il fut l’arbitre de la finale Noah/Wilander et aimait à répéter qu’il était le dernier arbitre à avoir vu un Français gagner à Roland-Garros.


Il était devenu arbitre en 1954 : "J'étais un joueur maladroit. Le ticket d'entrée à Roland-Garros était cher. Alors pour vivre les émotions de la petite balle jaune, je suis devenu arbitre". Il écrivait cela dans son second livre « libre arbitre » publié en 1989. Mais auparavant il avait publié un premier livre « fenêtres sur courts ».

 

Jacques DORFMANN fut l’arbitre de plus de 15 000 matches durant sa carrière, ce chiffre est certainement un record pour les arbitres amateurs.

Il disait de lui qu’il était l’un des plus mauvais joueurs de Tennis de Paris et ajoutait : « Tous les arbitres sont des joueurs de tennis ratés ! ».

 

Bien que maladroit dans la plupart des sports qu'il avait essayés, Jacques DORFMANN fut un passionné de tous les sports. « Je me rendais au Parc des Princes pour le football, au vélodrome, à Rolland Garros, et cela commençait un peu à grever mon budget d'étudiant », expliquait-il. C'est alors qu'un ami l'a encouragé à devenir arbitre à Roland Garros. « A l'époque, la plupart des arbitres étaient des retraités. Alors quand j'ai postulé pour devenir arbitre, c'était du pain bénit pour les organisateurs, j'ai rajeuni la moyenne d'âge d'un seul coup ! », se souvient Jacques DORFMANN.


C'est ainsi qu'il devient arbitre pour la première fois en 1954, et « sans passer aucun examen ». Un bon moyen pour ce jeune homme de 21 ans, à l'époque, « de ne pas payer ma place ».

 

Au début des années 60, le Tennis Club du Touquet, va faire appel à Jacques DORFMANN comme juge-arbitre titulaire. « Au départ j'étais dans mes petits souliers parce que je n'avais jamais été titulaire » ; et puis on me disait « tu sais avec les gens des Flandres il faut être adopté ». Le moins que l'on puisse dire c'est que Jacques DORFMANN fut adopté. Il a effectué 11 saisons dans la station de 1963 à 1973. Et il y a eu « la boulimie des tournois » : « Je me demandais sans cesse qu'est-ce que je pourrais inventer pour faire connaître le Touquet », se souvenait-il. Car, dans les années 60, la station balnéaire privilégiée pour le tennis c'était la Baule, et Jacques DORFMANN a tout fait pour convaincre les Parisiens que la situation du Touquet était tout aussi privilégiée.

 

C’est grâce au Touquet que Jacques DORFMANN a créé toute une série de tournois permettant d'accueillir des épreuves prestigieuses. Parmi elles, la coupe Annie Soisbault, et la coupe Jean Becker rebaptisée coupe Borotra pour devenir la fameuse Junior Davis Cup. Jacques DORFMANN est un peu « le papa de cette coupe ». Et grâce à ces épreuves, il y a eu beaucoup de grands joueurs qui ont foulé les courts du Touquet : Martina Navratilova, Sue Barker, Mats Wilander, Björn Borg, etc. Mais ce n'était pas la seule fierté de Jacques DORFMANN. L'ancien juge-arbitre revendiquait d'avoir « créé des épreuves tant pour les joueurs professionnels que pour les touristes au niveau moyen ». Et après 11 saisons intenses passées à « respirer Touquet toute l'année », Jacques DORFMANN quittait le club pour  consacrer entièrement à Roland Garros où il devient juge-arbitre fin 1974. « Mais j'ai fait bien d'autres coupes que Roland Garros », ajoutait Jacques DORFMANN, « tout le monde m'en parle mais j'ai arbitré des tournois sur plusieurs continents ».

 

Le tennis dans la peau


John McEnroe doit sa première participation au tournoi de Roland-Garros à Jacques DORFMANN. En 1977, le juge-arbitre décide d'inscrire le junior américain au dernier moment, suivant les recommandations enthousiastes de Patrice Dominguez et de Jean-Paul Loth, qui comptaient alors parmi les rares Français à l'avoir vu jouer.


"Les inscriptions étaient closes à ce moment-là, mais je peux maintenant l'avouer - il y a prescription: j'ai antidaté l'engagement de McEnroe". Une petite entaille au règlement qui a eu une grosse répercussion: John McEnroe a lancé sa carrière quelques jours plus tard en remportant l'épreuve juniors.


Il sera juge-arbitre à Roland Garros jusqu'en 1988, année où il arbitrera le match Leconte-Wilander. Sa fin de carrière, Jacques DORFMANN la doit, entre autres, à un désaccord sur les nouveaux modes d'organisation. « En 1987, à Bercy, un supérieur a cassé ma décision. J'ai accepté de me soumettre à la règle mais je leur ai dit que dans ce cas j'allais parler ». Jacques DORFMANN publie alors « Libre arbitre ». « Là j'avais signé mon arrêt de mort .»


Jacques DORFMANN disait être tombé dans la « marmite Tennis » il y a presque 65 ans ; qu’il repose en paix au milieu des petites balles jaunes

Patrick VAJDA, avec l’aide Elise LECLERCQ du « Phare Dunkerquois »

 

EDITORIAL DE MAI par Patrick VAJDA

Visionner cette vidéo
 

Ce matin en préparant notre colloque FEMIX AFCAM sur l’arbitrage au féminin (12 MAI 2017 16h30 / 20h30 au parc des expositions de la porte de Versailles – inscription sur president.afcam@orange.fr) je tombe sur cette vidéo qui m’a fait exploser de rage. Il s’agit de rugby à XIII et ce sport ne nous avait pas habitué à de telles extrémités !

 

Mais, et on a l’air de l’oublier, ce type de geste n’est pas un incident rare….bien au contraire, aucune semaine ne passe sans ce genre d’exemple, souvent au pluriel et tout sport confondu.

 

Dans notre cas (celui de la vidéo) la brute frappeuse revient de suspension (si nos informations sont exactes) pour avoir frappé un joueur à terre, et malgré cette première mesure disciplinaire il remet cela sur l’arbitre en le frappant gravement ; que dire d’une telle bêtise si ce n’est que nous espérons tous ne plus le revoir sur une terrain de sport quel qu’il soit et cela pour le restant de ses jours. Et également que ce joueur passe par la case prison !

 

Faut-il rappeler que toucher à un arbitre c’est toucher à une personne en mission de service public ? Oui il faut le rappeler et le rappeler encore, en espérant que les instances disciplinaires comprennent, elles aussi, que ces mots ne sont pas des effets de manches mais une réalité juridique importante qui nous protège, nous, les arbitres et juges sportifs.

 

En attendant la décision de la fédération, l’arbitre de ce match, Benjamin Casty, est à l’hôpital,  et nous espérons tous qu’à l’heure où j’écris ces lignes il en sera sorti malgré sa commotion. Les 236 000 arbitres du sport Français lui souhaitent leur meilleurs vœux de prompt rétablissement, et espèrent que malgré ce geste indigne sa passion pour son sport et pour l’arbitrage ne sera pas atteinte.

 

Benjamin nous sommes tous avec toi !

 

Patrick VAJDA

 Président de l’AFCAM

 

EDITORIAL DE FEVRIER 2017 PAR PATRICK VAJDA

Ce bel article sur l’etudiant.fr, rédigé par Assia Hamdi, est un très beau résumé des raisons qui font que l’on devienne arbitre ; il sera mon éditorial de Février car il milite en faveur d’une réelle passion, celle qui nous anime tous, que nous soyons départementaux ou internationaux.

 

La passion est notre moteur : passion du sport, passion des autres, passion tout court !

 

Patrick Vajda

Président de l’AFCAM

 

 

Sport : pourquoi ils sont devenus arbitres par Assia Hamdi 

 

Passionnés de foot, de badminton ou d’escrime... Aujourd'hui arbitres dans leur discipline, ils racontent ce que leur mission leur apporte au quotidien.


Avouez-le, vous aussi, vous avez déjà eu envie de pester un "Mais il est bidon, l'arbitre !" pendant un match de foot, de tennis ou de basket. Comme vous, ces jeunes ont aussi été dans la peau du passionné de sport. Puis, un jour, ils ont décidé, à leur tour, de faire la loi, quitte à jouer le rôle du méchant. Arbitres de foot, de badminton ou d'escrime... Romain, Jennifer et Boris racontent comment ils sont passés de l'autre côté du terrain.


Le sport, de la pratique à l'arbitrage

 

Boris, 22 ans, a commencé à arbitrer en escrime à 10 ans. Il pratiquait ce sport depuis déjà quatre ans. Dans son club comme dans d'autres, compter des arbitres permet de participer à des compétitions ou de recruter des sportifs. "J'ai été initié aux règles, aux sanctions ou à la logique des priorités", se souvient le jeune homme.

 

Depuis le fleurettiste a bien évolué : arbitre de niveau régional, il départage aujourd'hui des duels de jeunes de 11 ans à 20 ans, selon les tournois. Romain, 24 ans, a été défenseur sur les terrains de football pendant dix ans mais n'a arbitré des matches que quelques années plus tard, sur la proposition de son oncle, président de club : "J'avais envie de découvrir le football d'une autre façon."

 

"Mieux connaître notre sport"

 

Arbitre de badminton au niveau régional, Jennifer, 17 ans, a commencé à officier il y a six ans, deux ans seulement après avoir commencé le "bad". Ce qui l'a motivée ? "Je pensais qu'être arbitre m'aiderait à bien connaître les règles." C'est réussi : depuis deux ans, cette élève de terminale S forme à son tour des jeunes officiels.

 

Être arbitre d'un sport qu'ils pratiquaient déjà a permis à ces jeunes d'enrichir leur culture de la discipline. "Au centre du terrain, on se rend mieux compte du fonctionnement des équipes, se réjouit Romain, qui a redécouvert des choses qu'il pensait connaître par cœur : "Les commentateurs sportifs parlent de la règle du dernier défenseur, mais j'ai appris qu'elle n'existait pas. C'est le contexte qui va être jugé." En escrime, la mission de Boris lui permet de mieux appréhender ses propres duels lorsqu'il est en compétition : "Quand j'affronte un autre escrimeur, je sais à mon tour comment réaliser mes coups pour que l'arbitre aille dans mon sens."

 

Des qualités humaines développées

 

Avant d'arbitrer, Jennifer n'avait pas confiance en elle, l'arbitrage l'a aidée à s'affirmer. "Quand on a 12 ans et qu'on arbitre des adultes de 30 ou 40 ans, ça fait grandir notre assurance." Cette année, elle prépare à la fois son bac... et son examen d'arbitre national.

 

Contrôleur à la SNCF, Romain utilise tous les jours ce qu'il a appris en arbitrant : "Quand il y a un conflit dans un train, je dois gérer les personnes, comme pendant un match." Boris a développé une nouvelle compétence : "Il est arrivé que je sois équipé d'un micro pour arbitrer une finale d'escrime. J'ai dû apprendre à faire attention à ce que je disais et à mon intonation."

 

Un rôle à valoriser dans la vie professionnelle

 

La mission d'arbitre est une excellente expérience professionnelle à valoriser quand on cherche d'emploi. Encore lycéenne, Jennifer espère devenir un jour arbitre nationale, voire internationale : "Cela me permettrait de voyager et donc de travailler mon anglais." Boris n'hésite pas à comparer un match à un entretien professionnel : "L'arbitrage m'a appris à avoir de l'assurance. Un match, c'est un peu comme un entretien, on peut avoir des faiblesses mais si l'on se montre sûr de soi, les escrimeurs ou le recruteur douteront moins de nous." Romain, lui, va même jusqu'à le faire savoir aux recruteurs : "J'ai indiqué sur mon CV que j'étais arbitre."

 

Combien gagne un arbitre ?

 

La rémunération dépend de plusieurs facteurs, comme le niveau auquel vous exercez, ou la ligue à laquelle vous êtes rattachés. "Plus on arbitre à un niveau élevé, mieux on est payés", rappelle Romain, qui gagne entre 38 € et 60 € par week-end d'arbitrage.

Comme le précise Romain, les frais de déplacement ou d'équipement sont pris en charge. Sur les tournois de badminton, la rémunération de Jennifer oscille entre 30 € et 40 € par week-end. Boris, lui, gagne 40 euros par journée d'arbitrage, ses voyages sont lui remboursés et "un repas est toujours prévu sur le lieu de la compétition". Pour autant, il ne faut pas espérer gagner sa vie avec cette mission, avertit Romain : "Pour arbitrer, il faut d'abord être passionné(e)."

 

EDITORIAL DU 1ER JANVIER 2017 par Patrick VAJDA

Triste année que 2016, bienvenue à 2017 !

 

Au nom du bureau national de l’AFCAM, je viens vous présenter des vœux de bonheur et de santé (santé dont nous avons tous besoin….si nous voulons arbitrer ou juger !). Je vous souhaite à tous des jours calmes et des lendemains qui chantent ! Car même les arbitres et juges sportifs ont le droit au calme et à la sérénité.

 

Surprise de cette fin d’année, on parle aussi d’indemnité de transfert colossale pour les arbitres de football de haut niveau. La Chine non contente de faire des ponts d’or aux joueurs, en fait maintenant aux arbitres. Et elle a raison car comment faire progresser le sport si l’arbitrage n’est pas au point ! Beaucoup de pays ont investi dans de nombreux joueurs, et pas seulement dans le foot, mais ont fini par regretter leur investissement. Pourquoi ? Pour n’avoir pas compris que l’arbitre ou le juge fait partie intégrante de la pratique sportive, de la compétition sportive, et que l’absence de cet acteur du jeu rend inopérant ces dépenses colossales.

 

Au fond la Chine, en pensant à transférer, voire à acheter des arbitres (dans le bon sens du terme) démontre s’il en était besoin, que le haut niveau se pratique avec des arbitres et des juges de haut niveau….et qu’il est important d’en avoir ! Comme dans ce domaine la génération spontanée n’existe pas, le transfert demeure la seule solution. C’est malheureux pour les pays et les clubs formateurs, mais cela valorise la fonction ! Trop souvent oubliée, mise au rancard, critiquée, injuriée….mais toujours aussi indispensable.


Merci aux 225 000 acteurs du jeu, que vous êtes, d’officier  avec passion, conscience et intégrité. Sans vous le sport de compétition (à tous les niveaux) n’existerait pas….cela va sans dire….mais c’est tellement mieux en le disant, en l’écrivant et en le répétant.

 

Super année 2017 ! Que du Bonheur !

 

Patrick Vajda

Président de l’AFCAM

 
 
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